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Ce qui devait être la première tour à énergie positive du pays, la tour Elithis de Dijon, risque fort de ressembler à l’arrivée à un bâtiment plus proche du standard français BBC.
Avec la moitié des étages occupés, certaines consommations dépassent déjà de 100 à 300% les estimations selon un article récent paru sur le site Internet du Moniteur.
Pas franchement de quoi être satisfait du coté d’Elithis. Dans l’article suivant consacré au sujet, le Moniteur nous livre le commentaire de l’initiateur du
projet. En résumé : «
Thierry Bièvre, directeur de la société Elithis, spécialiste de l'ingénierie des fluides, invite les maîtres d'ouvrage à investir plus dans la
conception d'un projet.»
Questionné sur le sujet à l’issu de sa dernière conférence à Fraize (88) dans le cadre de la création d’un nouveau pôle dédié à l’Eco construction , Jean Claude Tremsal (www.passivhaus.fr ), nous livre son sentiment :
« A priori on a encore fait un calcul réglementaire et non une étude thermique, une fois de plus , on a mis un minimum d’argent dans la conception » et d’ajouter un peu plus tard : « Qu’il ne faut pas accepter le dictat des pouvoirs publics quand il impose des outils et ou des règlements inadaptés ou dépassés. »
Les propos dans la bouche de cet expert doublé d’un passionné, peuvent paraitre un peu brutal, mais c’est vrai que comparé à ce qui se construit depuis déjà plus de 20 ans ailleurs en Europe, dans le même « style », le projet français fait pâle figure.
De l’eau au moulin du Centre Oze (objectif Zéro Energie) qui forme et accompagne les acteurs de la filière bâtiment à la construction passive et donc à l’utilisation du logiciel PHPP.
« Les BTBC, les bâtiments très basse consommation, nécessitent des compétences spécifiques que l’on ne peut acquérir dans un amphi de 200 personnes comme cela se pratique encore trop souvent dans notre pays . L’excellence énergétique réclame des compétences spécifiques, des gens formés de manière pointue, capables de garantir les résultats aux clients. »
Et Jean Claude Tremsal de conclure que : « Vous gueulez quand on met 35 gamins dans une salle de classe, mais vous payez pour vous former à 200 dans des grands messes organisées avec vos impôts par les Régions ».
Une chose est sûre, les personnes présentes à la conférence « passivhaus » de Fraize en ont eu pour leur argent, avec en prime une conclusion pleine de bon sens paysan : « parfois pour ne pas se tromper il faut juste réfléchir un peu plus avant de se lancer. Calculez autrement, reprenez ce qui marche à coté de chez vous. Les français sont capables de construire autrement, s’ils veulent bien ouvrir les yeux maintenant. »
Pendant que l’on doit certainement avoir des regrets chez Elithis à Dijon, du coté de Fraize c’est sous des applaudissements nourris que notre ami Jean Claude est parti….
Le standard « passivhaus », fait toujours le même « tabac » dans la France d’en bas ….